Non. Aucune loi ne vous oblige à refaire votre assainissement avant de vendre.
Ce qu'elle exige, c'est de remettre à l'acheteur le rapport de contrôle du SPANC, le service public qui vérifie les installations individuelles. Ce rapport doit avoir moins de trois ans le jour de la signature chez le notaire.
Si l'installation n'est pas conforme, c'est l'acheteur qui fera les travaux, dans l'année qui suit la vente. Seulement, il aura lu le rapport avant de faire son offre, et il aura chiffré ces travaux.
La question à se poser est donc : quand demander ce contrôle ? Avant de fixer votre prix.
Pourquoi la question se pose souvent ici
Dans le Val de l'Eyre, la Communauté de communes indique que 36 % des foyers ont un assainissement individuel. Fin 2024, son service en comptait 3 705 :
| Commune | Installations |
|---|---|
| Salles | 1 542 |
| Belin-Béliet | 817 |
| Le Barp | 566 |
| Lugos | 548 |
| Saint-Magne | 232 |
Dans les Landes, le SYDEC fait ce contrôle pour 211 communes, dont Pissos, Sabres, Moustey, Sore, Belhade, Argelouse, Liposthey, Saugnac-et-Muret et Ychoux.
Son bilan 2025 contient un chiffre à connaître avant de vendre : sur 794 installations contrôlées à l'occasion d'une vente, 29,6 % ont été jugées conformes. Moins d'une sur trois.
Deux précisions pour ne pas lui faire dire plus qu'il ne dit : - il porte sur l'ensemble des communes suivies par le SYDEC, pas sur la vôtre ; - « non conforme » ne veut pas dire « à refaire entièrement ». Le rapport distingue plusieurs niveaux, détaillés plus bas.
Autour du Bassin, la situation est différente. Le Siba contrôle aussi Mios et Marcheprime depuis 2020. Il indique que le tout-à-l'égout dessert 97 % de la population de son territoire. Ses 2 806 installations individuelles concernent donc une minorité de maisons, mais pour elles les règles sont exactement les mêmes.
Reste le terrain. Le règlement du Siba prévient que la nappe se trouve « parfois dès 30 cm de profondeur ». Il faut alors souvent un tertre d'infiltration, c'est-à-dire un massif de sable surélevé.
Dans le Val de l'Eyre, le rapport 2024 du SPANC classe non conforme une installation dont les drains sont « dans l'eau », parce que la filière n'est pas adaptée au terrain. Même sur des installations neuves, il relève des tranchées posées à la place du tertre prévu.
Sur nos terrains, la bonne installation dépend d'une étude de sol, pas de ce qu'a fait le voisin.
Ce que la loi vous demande, et ce qu'elle ne vous demande pas
Si votre maison n'est pas raccordée au tout-à-l'égout : - le rapport du SPANC fait partie du dossier de diagnostics annexé à la promesse de vente, ou à l'acte s'il n'y a pas de promesse ; - il doit dater de moins de trois ans le jour de l'acte de vente, pas le jour de la mise en vente ; - s'il est trop ancien ou s'il n'existe pas, le nouveau contrôle est à vos frais ; - si l'installation n'est pas conforme, l'acheteur doit faire les travaux dans un délai d'un an après l'acte ; - s'il manque le jour de l'acte, vous ne pouvez plus vous abriter derrière la clause qui écarte la garantie des vices cachés pour l'assainissement.
Vous lirez parfois que les travaux sont « à la charge du vendeur ». Le texte de loi dit autre chose : c'est l'acheteur qui a un an pour les faire. Entre vous deux, cela se règle dans le prix.
Inutile de faire jouer la concurrence : le SPANC est un service public, il n'y en a qu'un pour votre commune, et il fixe lui-même son tarif.
Les conclusions possibles du rapport
Le contrôle suit une grille nationale, fixée par un arrêté du 27 avril 2012. En simplifiant :
| Ce que dit le rapport | En temps normal | Si vous vendez |
|---|---|---|
| Aucun défaut | Rien à faire | Rien à faire |
| Défauts d'entretien ou d'usure | Des recommandations | Pas de travaux obligatoires |
| Non conforme : installation incomplète, nettement sous-dimensionnée ou avec de gros dysfonctionnements | Pas de délai imposé | L'acheteur a un an après l'acte |
| Non conforme avec danger pour la santé ou risque avéré de pollution | Travaux sous quatre ans | L'acheteur a un an après l'acte |
| Pas d'installation | Mise en demeure | Travaux « dans les meilleurs délais » |
Dans une zone à enjeu sanitaire ou environnemental, le troisième cas est traité comme le quatrième.
Un point qui concerne beaucoup de maisons anciennes : le SPANC du Val de l'Eyre classe non conforme, car incomplète, une installation équipée d'un simple puisard, faute de traitement.
Pour un vendeur, la ligne qui compte est celle qui crée des travaux obligatoires, et surtout leur nature. Changer un tampon ou créer une ventilation n'a rien à voir avec refaire tout l'épandage.
Qui contacter dans votre commune, et combien ça coûte
| Communes | Service à contacter | Prix du contrôle pour une vente | Délais annoncés |
|---|---|---|---|
| Arcachon, La Teste-de-Buch, Gujan-Mestras, Le Teich, Biganos, Mios, Marcheprime | SPANC du Siba, 05 57 76 23 23 | 150 € (pas de TVA) | Une date proposée sous 5 jours ouvrés, une visite sous 30 jours, le rapport sous 30 jours après la visite |
| Salles, Le Barp, Belin-Béliet, Lugos, Saint-Magne | SPANC du Val de l'Eyre, spanc@valdeleyre.fr, 05 56 88 85 88 | 250 € (pas de TVA) | Le rapport dans le mois qui suit la visite |
| Pissos, Sabres, Moustey, Sore, Belhade, Argelouse, Liposthey, Saugnac-et-Muret, Ychoux | SPANC du SYDEC, formulaire en ligne | 220 € TTC | Avis de passage au moins 7 jours ouvrés avant, pas de délai de rapport publié |
Tarifs relevés le 20 octobre 2026 : - Siba : grille appliquée depuis 2022, confirmée dans son rapport 2025 ; - Val de l'Eyre : délibération du 1er septembre 2021 ; - SYDEC : tarifs 2026 votés le 18 décembre 2025.
Au Siba, entre votre demande et le rapport, le règlement laisse donc jusqu'à deux mois environ. Ailleurs, aucun délai complet n'est publié.
Prévoyez large, et demandez le contrôle dès que vous envisagez de vendre, pas une fois l'acheteur trouvé.
Pour le rendez-vous, préparez : - les bons de vidange, car le SPANC vérifie l'entretien ; - les plans ou le dossier de l'installation, si vous les avez ; - un accès dégagé aux regards ; - pour le SYDEC, la section et le numéro de la parcelle, demandés dans le formulaire. Vous les trouverez sur votre titre de propriété.
Faire les travaux avant, ou vendre en l'état ?
Les deux se défendent. Mettre en vente sans savoir, non.
Vendre en l'état. C'est légal, et souvent le plus simple : pas d'argent à avancer, pas de chantier à suivre. L'acheteur sait qu'il aura un an pour faire les travaux.
En revanche, il va les chiffrer. Et sans devis, rien ne l'empêche de raisonner sur le haut de la fourchette.
Faire les travaux avant. Le dossier est propre, et la discussion sur le prix porte sur la maison. Mais ce n'est pas rapide.
Tout projet passe d'abord par un contrôle de conception du SPANC, puis par un contrôle de fin de travaux. Dans le Val de l'Eyre, l'instruction du projet coûte 250 € ; au SYDEC, la conception et la réalisation sont facturées ensemble 330 € TTC.
Le Val de l'Eyre annonce un mois au plus pour instruire un dossier complet. Ajoutez l'étude de sol, les devis et le chantier.
Côté budget, la Communauté de communes du Val de l'Eyre annonce, dans son guide de novembre 2024 : - de 5 000 à 20 000 € pour une installation ; - de 1 300 à 2 200 € en moyenne de plus quand une pompe de relevage est nécessaire.
Cette fourchette ne remplace pas un devis : la filière choisie, le terrain et la position des sorties d'eaux usées font l'écart.
Côté aides : - l'éco-prêt à taux zéro finance jusqu'à 10 000 € de travaux d'assainissement individuel, pour un logement de plus de deux ans occupé en résidence principale. Le dispositif installé ne doit pas consommer d'énergie : une micro-station électrique n'y a pas droit. Les offres de prêt peuvent être émises jusqu'au 31 décembre 2027 ; - MaPrimeRénov' ne finance pas l'assainissement ; - le guide du Val de l'Eyre cite aussi des aides du Département ou de l'Anah, sous conditions de ressources. Le SPANC vous dira ce qui s'applique à votre cas.
Mon conseil : une voie entre les deux.
Avant la mise en vente, faites refaire le contrôle si votre rapport n'aura plus moins de trois ans le jour de l'acte. S'il conclut à des travaux, faites établir une étude de sol et un ou deux devis, sans forcément les signer. Vous remplacez une inquiétude par un chiffre.
Et vous laissez à l'acheteur le choix de l'emplacement. Le guide du Val de l'Eyre rappelle qu'une partie du terrain doit être réservée à l'assainissement, ce qui compte pour qui prévoit une piscine, un garage ou un agrandissement.
Un exemple fictif : le rapport qui expire entre le compromis et l'acte
Ce cas est inventé pour l'exemple, mais le calendrier n'a rien d'exceptionnel.
Une maison de Belin-Béliet a été contrôlée le 15 mars 2023. Pour la vente, ce rapport vaut donc pour un acte signé au plus tard le 14 mars 2026.
Les propriétaires mettent en vente en novembre 2025 et signent le compromis le 20 janvier 2026. L'acte est fixé au 20 avril, le temps que l'acheteur obtienne son prêt.
Le jour de l'acte, le rapport aura plus de trois ans. Il faut un nouveau contrôle, payé par les vendeurs : 250 € dans le Val de l'Eyre. Demandé en mars, c'est la course. Et rien ne garantit que la conclusion sera celle de 2023. Si un défaut apparaît, il apparaît après le compromis, au pire moment pour parler de prix.
Refait en octobre 2025, avant la mise en vente, le contrôle aurait été valable jusqu'à l'automne 2028, et la question ne se serait pas posée.
Les autres délais entre compromis et acte sont détaillés dans combien de temps pour vendre une maison.
Ce que je regarde dans un rapport du SPANC avant de parler prix
- La date, comparée à la date probable de l'acte, et non à celle de la mise en vente.
- La conclusion exacte, et le délai écrit noir sur blanc.
- La liste des travaux. Un tampon à changer, une ventilation à créer, ou toute la filière à refaire : les montants n'ont rien à voir.
- L'entretien. Les bons de vidange sont demandés par le SPANC, et ce qu'il constate figure dans le rapport.
- La place disponible. Peut-on loger une nouvelle installation sur le terrain, et loin d'un puits utilisé pour l'eau de boisson ? Le règlement du Siba interdit d'en implanter une à moins de 35 mètres d'un captage déclaré.
Ensuite seulement, je regarde ce que cela change pour le prix, à partir des ventes réellement signées dans votre commune. Les pages d'estimation de Salles, du Barp et de Belin-Béliet donnent ces repères.
Je ne remplace ni le SPANC ni un bureau d'études. Mon rôle est de traduire leur rapport en conséquences pour votre vente.
À faire dès cette semaine
- Retrouvez votre dernier rapport du SPANC et regardez sa date.
- S'il aura plus de trois ans à la date probable de l'acte, ou si vous n'en avez pas, contactez le service de votre commune (tableau ci-dessus).
- S'il prévoit des travaux, demandez une étude de sol et un devis avant de fixer votre prix.
- Rassemblez bons de vidange, plans et factures de l'installation.
- Si votre maison est près d'un bois, réglez aussi le débroussaillement avant la promesse.
Vous voulez savoir ce que votre rapport change pour le prix de votre maison ? Je l'intègre à mon avis de valeur, après une visite chez vous.
ou appelez-moi au 07 64 07 00 97

